Anne Perrot

Anne Perrot a contribué, en tant qu’experte, à l’élaboration du programme économique d’Emmanuel Macron, au côté de Jean Pisani-Ferry. Elle a vécu de l’intérieur l’aventure inouïe engagée en 2015 par celui qui aujourd’hui siège à l’Elysée et traversé avec les équipes les moments d’enthousiasme, de pression et de doute qui sont le lot d’un tel projet.

Anne partagera avec les participants les leçons qu’elle a tirées de cette expérience et de l’observation d’un leader qui a pris le risque de tout perdre avec l’ambition de tout gagner.

Anne Perrot est agrégée des universités et professeur de Sciences Economiques à l’Université Paris I et à l’ENSAE. Elle enseigne à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris. Elle est titulaire d’un doctorat de mathématiques (Université Paris VI) et un doctorat d’économie (Université Paris I). Elle est aujourd’hui l’une des associés du cabinet d’économistes MAPP. Elle a été vice-présidente du Conseil, puis de l’Autorité de la concurrence. Elle a participé à plusieurs groupes d’experts sur la politique de la concurrence (Economic Advisory Group for Competition Policy auprès de la Commission Européenne) ou la régulation (groupe d’experts de la CRE, commission Champsaur sur l’ouverture à la concurrence des télécommunications). Elle a été nommée en 2014 membre correspondant du Conseil d’analyse économique.


Synthèse de présentation

Mon propos aujourd’hui n’est pas de prendre position pour ou contre Emmanuel Macron, mais de répondre à la question qui m’a été posée par ICM: “Le courage a-t-il été l’un des moteurs de l’aventure présidentielle du nouveau président, et si oui, comment”.

C’est au moment des lois Macron I, puis Macron II, vite détournée pour cette dernière  en deux paquets distincts par le premier ministre de l’époque, que mon équipe et moi avons commencé à travailler avec celui qui alors n’était “que ministre”. Et cette expérience nous a conduits, sans hésitation, à nous engager à ses côtés, très tôt, alors que lui-même n’avait pas encore fait part de son projet.

De ces moments exceptionnels, j’ai en effet tiré quelques leçons, en observant le ministre d’abord, puis le candidat en 2016 et 2017. Ce sont ces observations que je voudrais partager avec vous.

La question du courage ne peut être traitée indépendamment d’autres dimensions du personnage, dimensions qui expliquent également le succès de cette aventure inouïe. S’il y a courage dans cette aventure, c’est qu’il est fondé sur un ensemble de fondamentaux donc à mon sens voici les principaux:

En premier lieu,  diagnostic très réaliste de la situation du pays et du blocage institutionnel qui l’entrave, d’une vision claire des solutions à apporter et de la frustration de voir ces solutions bloquées par un opposant de l’intérieur, Valls, alors premier ministre et « puissance  dominante », qui supporte de moins en moins la « puissance émergente » que représente son ministre de l’économie, plus populaire que lui. Cet ensemble nourrit un niveau d’engagement, d’énergie et de prise de risque hors norme, seule à même de lutter contre le doute et le sentiment d’abandon.

La deuxième dimension est le charisme, d’une nature particulière car l’autorité d’EM se situe davantage en « pull » c’est – dire dans l’écoute et la reconnaissance de ceux qui lui amènent des données que dans le « push » et la volonté d’imposer ses propres idées d’emblée, et dans la capacité de synthèse qu’il fait immédiatement entre ses propres idées et celles qui lui sont soumises. Cette écoute, rare à ce niveau, et de cette attention à l’autre sont très vite de nature inspirante pour ceux qui l’approchent.

L’intelligence, bien sûr, aussi bien de contenu (la politique) et de forme (gestion du symbolique) que de stratégie (les marcheurs). Ce dernier point l’amène à appuyer son mouvement sur une démarche très « horizontale » alliant outils digitaux et engagement de terrain, afin de créer un bruit non pas au niveau des édiles et les élites, mais en prenant ces derniers en sandwich entre son appareil de campagne et l’électorat.

La compétence, qui lui est reconnue très tôt (commission Attali, Elysée, etc.) et qui lui donne une clairvoyance technique sur un spectre très large alliant économie, politique, sciences humaines et culture. Clairvoyance qui l’amène, contre toute « opinion politiquement raisonnable » à mettre courageusement l’Europe au centre de son projet.

Le courage physique enfin (mais y en a-t-il un autre ?) qui le conduit à s’engager à fond, déjà au moment de la loi Macron devant une Assemblée Nationale rétive mais qui rapidement reconnaît son engagement et son talent, dans la campagne naturellement en allant au contact, dans le cas Whirlpool où rien n’est préparé, où la colère est à son comble et où le risque physique est considérable, aussi pour lui que pour le message qu’il porte devant les électeurs. Courage lorsque mettant en cause les professions réglementées, il reçoit des menaces de mort.

Il ne s’agit pas de déifier Macron, de proposer une hagiographie, mais de reconnaître qu’à travers une prise de risque majeure (je gagne ou je suis ridicule) le pays, (et sans aucun doute l’Europe) s’est doté de l’un de ses plus jeunes et plus brillants visionnaires et engagé une mutation que peu d’observateurs “éclairés” pouvaient imaginer. Le courage y est sans doute pour quelque chose.

 

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